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‘Charlie Hebdo’: Alain Chouet explica tudo o que é possível explicar


O bárbaro e miserável atentado contra ‘Charlie Hebdo’ deu origem a um autêntico festival de exibição de ignorância e hipocrisia. Lágrimas de crocodilo derramadas às toneladas (um dos sobreviventes da equipa do Charlie já teve de vir denunciar esses falsos “amigos”…) e chorrilhos de disparates em repetição têm alagado a paisagem político-mediática destes dias. Uma tragédia nunca vem só… “Especialistas” às dúzias exibem nas televisões e outros media, com satisfação alarve, a sua ignorância das realidades dos factos e dos seus contextos. Quem sabe, tem estado calado, procurando recolher elementos que lhes permitam situar o que se passou (e está a passar…) e fazer uma leitura tão acertada quanto possível dos acontecimentos. Uma velha “fonte” da equipa do “Inteligência Económica” quebrou, agora, esse silêncio dos que que sabem. Ex-patrão da secreta francesa, especializado no contra-terrorismo, assuntos da cultura islâmica e Médio Oriente (fluentíssimo em árabe), com décadas de experiência, Alain Chouet põe os primeiros pontos nos is… no ‘Le Point’. A ler, sobretudo, nas entrelinhas…

Alain Chouet: Kouachi-Coulibaly, “des professionnels de la violence criminelle”

Le Point – Publié le 10/01/2015 à 11:46

Qui sont ces terroristes ? Ont-ils agi seuls ? Comment les stopper ? L’ancien chef du service de renseignements de sécurité de la DGSE répond au “Point”.

Alain Chouet a dirigé le service de renseignements de sécurité de la DGSE de 2000 à 2002.

Alain Chouet a dirigé le service de renseignements de sécurité de la DGSE de 2000 à 2002. © Alain Tendero/Fedephoto

 

Propos recueillis par

Le Point.fr : Combien de temps, de moyens financiers et humains sont-ils nécessaires pour monter une action comme celle qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo ?

Alain Chouet : L’attentat contre Charlie Hebdo porte la marque d’un véritable professionnalisme. C’est une opération qui demande une excellente coordination entre les acteurs, qui doivent donc bien se connaître, une préparation minutieuse et assez longue pour identifier parfaitement les lieux et les cibles à frapper, repérer avec précision les itinéraires d’accès à l’objectif et de repli après l’attentat. En revanche, la forme d’action est assez peu coûteuse, exécutée avec des armes et des matériels d’usage courant dans les milieux du grand, et même – maintenant – du petit banditisme. Quant aux moyens humains, ils se bornent à trois personnes, peut-être assistées d’une ou deux autres pour la reconnaissance d’objectif.

Peut-on dire que cet attentat marque un tournant ?

Absolument. On a changé de registre. On est assez loin des “amateurs” isolés et plus ou moins psychiatriques du genre Mohammed Merah ou Jérémie Louis Sidney en France, des frères Tsarnaev aux États-Unis, voire d’un Anders Breivik en Norvège. Si l’identité des suspects – déjà connus des services de police – est confirmée, on serait en présence de professionnels de la violence criminelle qui essaient depuis plusieurs années de se trouver un destin politique et de rentabiliser leur capacité de nuisance et de mobilisation des esprits faibles, en allant ensuite tirer par la manche les généreux donateurs, auteurs ou complices de la violence islamique internationale.

On pense spontanément à al-Qaida ou à Daesh, est-il possible que l’on ait affaire à un nouveau groupe criminel ?

Seule l’identification des auteurs permettra de savoir s’ils ont agi en tant que groupuscule autonome d’individus poursuivant leurs propres objectifs ou s’ils ont agi sur instruction et en coordination avec une mouvance extérieure. Depuis longtemps déjà, de nombreux observateurs mettent en garde à juste titre contre une possible transition vers le terrorisme international du groupe “État islamique” si celui-ci perd pied militairement sur le terrain – ce qui semble être le cas en ce moment. Il y a tout lieu de redouter le retour vers leur pays d’origine des volontaires étrangers haineux et frustrés comme le montre l’exemple de Mehdi Nemmouche.

Cependant, si l’État islamique connaissait une telle dérive, ou si al-Qaida voulait changer de méthode dans sa rivalité avec Daesh, ces organisations devraient avoir plutôt tendance à privilégier des actions contre les intérêts américains et, en tout cas, contre des cibles plus “lisibles” pour les opinions du monde musulman : décideurs politiques, bâtiments ou institutions emblématiques, lieux publics à forte densité, etc. Même si Charlie Hebdo avait concentré sur lui beaucoup de haine et de rancoeur dans les milieux fondamentalistes islamiques, il demeure assez peu connu à l’étranger. Le choix de cette cible semble donc plutôt renvoyer à un groupuscule interne à la France agissant dans le cadre global de la violence islamiste mais sans coordination et sans instructions extérieures. C’est un point que l’identité des auteurs présumés paraît confirmer.

Comment expliquer que ces auteurs soient passés sous les radars de nos services de renseignements ? À cet égard, à quoi a servi la récente réforme du renseignement intérieur ?

La France a beaucoup investi sur le renseignement, et c’est sans doute ce qui l’a mise à l’abri de nombreuses autres attaques au cours de la dernière décennie. Nous le devons au travail obscur, quotidien et opiniâtre de nos services de renseignements intérieurs et extérieurs. La réforme de nos services intérieurs était logique. Elle contribuait à mettre en synergie un service de renseignements socio-politique intérieur (les “renseignements généraux” qui restent une exception française) et un service spécialisé à finalité judiciaire de contre-espionnage, contre-subversion et contre-ingérence. Mais moins de 4 000 fonctionnaires qui doivent assurer concurremment les missions de contre-terrorisme, de contre-espionnage, de lutte contre la criminalité transnationale organisée, c’est peu… Mais, de toute façon, au sein des démocraties, on ne peut mettre un gendarme derrière chaque citoyen.

Une démocratie peut-elle “faire la guerre” au terrorisme ?

Contrairement à la formule “guerre à la terreur” véhiculée par l’administration Bush, les services de renseignements ne mènent pas une “guerre” contre un concept. Ils luttent contre des personnes. Et pour être efficaces, il faut que ces personnes soient identifiées individuellement, que l’on connaisse aussi précisément que possible leur environnement, leur parcours, leur réseau de relations, leurs inspirateurs idéologiques et leurs sponsors financiers, qui ne sont plus des États mais des donateurs privés. Bref, les services ont pour mission de connaître suffisamment bien les candidats potentiels pour mettre en oeuvre les moyens qui empêcheront cette violence d’être réalisée et, si possible, d’être envisagée et conçue. Ils ont aussi pour mission d’identifier les instigateurs idéologiques et les soutiens logistiques et financiers des terroristes. Mais l’action éventuelle contre ces derniers relève le plus souvent de la décision politique. C’est un travail de longue haleine, coûteux en temps et en argent, qui ne doit pas être soumis aux pressions des médias et des opinions publiques et qui doit se poursuivre même – et peut-être surtout – quand il ne se passe rien… Ce qui est difficile à faire admettre par le contribuable.

L’arme judiciaire est-elle suffisante ?

L’arme policière et judiciaire est évidemment indispensable pour réprimer et sanctionner les actes terroristes commis et tenter de dissuader les candidats potentiels à la violence. Mais, contrairement à d’autres activités criminelles, le degré zéro du terrorisme relève du “procès d’intention”. C’est une notion qu’il serait dangereux de généraliser dans nos démocraties et dont on a pu constater les dérives aux États-Unis avec le “Patriot Act”. Sur le territoire national comme à l’étranger, il est préférable d’agir le plus en amont possible, par des mesures sociales, éducatives, culturelles susceptibles d’assécher le vivier potentiel des volontaires et, surtout – en ce qui concerne la violence islamiste -, de s’attaquer aux “parrains” idéologiques et financiers qu’on ne connaît que trop bien…


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