Notas sobre o funcionamento do site

Voltar à disposição inicial da página.

Restaurar

barra login

O Mito do Século XX: A “Superioridade Militar” Alemã


A abertura dos arquivos militares russos em 1991 forneceu a oportunidade, há muito esperada, de acesso a informação sobre a realidade do conflito durante a II Guerra. Até então, os historiadores militares tinham apenas trabalhado sobre informação alemã… David M. Glantz, professor de história militar e coronel USAF, foi dos primeiríssimos a aproveitar essa abertura dos arquivos “soviéticos”. Várias obras, umas mais técnicas e outras mais de divulgação, o coronel David M. Glantz produziu e editou, desde então. Mas foi com “When Titans Clashed: How the Red Army Stopped Hitler” que o escândalo chegou. O coronel Glantz demonstra que a propalada “superioridade militar alemã” é simplesmente um mito criado por alemães após a derrota, uma manipulação e um reescrever da história, com base em escamoteações, falsificações e mentiras. E que só tinha resistido, durante 40 anos, devido à ausência de acesso aos arquivos de Moscovo. A revista francesa “Guerres & Histoire” pegou no trabalho do americano e desenvolveu um sólido dossier sobre o que chamou o “mito do século”… Ou seja, depois de ter perdido a guerra, os alemães dedicaram-se a continuá-la sob novas formas: as da guerra de informação (pelos conteúdos), aproveitando-se do fechamento dos arquivos russos.

O trabalho do coronel americano permitiu “contrebattre la vision à 95 % allemande qui hantait depuis 1945 les conceptions profanes (mais, hélas, largement aussi celles dites “savantes”) du deuxième conflit mondial, sous l’impulsion initiale de l’écurie Halder (du nom de l’ancien chef d’état-major de la Wehrmacht, leader putatif du travail de réécriture rapide, après-guerre, tentant d’innocenter le corps professionnel militaire de son pays tant des nombreuses atrocités commises que de la marche inéluctable à la défaite, renvoyées aux nazis et à Hitler), bien relayée par un Paul Carell, SS depuis 1938 et porte-parole de Joachim von Ribbentrop, avant de devenir romancier à succès après guerre, en direction du grand public, ou par un Basil Liddell-Hart, prêt quasiment à tout – malgré ses indéniables mérites par ailleurs – pour se faire décerner le titre de « père de la Blitzkrieg » par ses anciens ennemis, dans un climat favorable créé par la Guerre froid et l’hystérie anti-communiste de l’époque. Tout cette orientation historiographique devant davantage à la mythologie qu’à l’histoire eut la vie dure et solide, comme le rappelle très pertinemment l’excellent dossier consacré à ce sujet par la revue Guerres & Histoire dans son numéro 7 de juin 2012, sous les plumes de Jean Lopez (véritable homologue français de David M. Glantz, désormais), de Thierry Widemann, de Benoist Bihan, de Laurent Henninger et de Nicolas Aubin, notamment.”

 

Note de lecture: “When Titans Clashed – How the Red Army Stopped Hitler”, David M. Glantz & Jonathan House

 

L’un des premiers grands travaux de relecture historique détaillée de la guerre germano-soviétique, après ouverture des archives de Moscou.

 

Publié en 1995, le huitième ouvrage du colonel David M. Glantz, historien militaire américain réputé et spécialiste de l’étude de l’armée soviétique durant la deuxième guerre mondiale, après plusieurs textes très spécialisés consacrés à l’utilisation du renseignement et de l’intoxication par l’Armée rouge, était son troisième à vocation plus générale, après «Soviet Military Operational Art: In Pursuit of Deep Battle» (1991), extrêmement technique, et «The Military Strategy of the Soviet Union: An History» (1992).

Chercheur passionné et vulgarisateur combatif lorsque nécessaire, David M. Glantz, du fait de sa longue carrière professionnelle d’enseignant d’histoire militaire, fut l’un des premiers à saisir l’opportunité, fournie par l’ouverture, même partielle et progressive, des archives militaires soviétiques à partir de 1991, pour mener un travail d’investigation en profondeur permettant – enfin – de contrebattre la vision à 95 % allemande qui hantait depuis 1945 les conceptions profanes (mais, hélas, largement aussi celles dites «savantes») du deuxième conflit mondial pour sa partie concernant l’Allemagne et l’URSS, sous l’impulsion initiale de l’écurie Halder (du nom de l’ancien chef d’état-major de la Wehrmacht, leader putatif du travail de réécriture rapide, après-guerre, tentant d’innocenter le corps professionnel militaire de son pays tant des nombreuses atrocités commises que de la marche inéluctable à la défaite, renvoyées aux nazis et à Hitler), bien relayée par un Paul Carell, SS depuis 1938 et porte-parole de Joachim von Ribbentrop, avant de devenir romancier à succès après guerre, en direction du grand public, ou par un Basil Liddell-Hart, prêt quasiment à tout – malgré ses indéniables mérites par ailleurs – pour se faire décerner le titre de « père de la Blitzkrieg » par ses anciens ennemis, dans un climat favorable créé par la Guerre froid et l’hystérie anti-communiste de l’époque. Tout cette orientation historiographique devant davantage à la mythologie qu’à l’histoire eut la vie dure et solide, comme le rappelle très pertinemment l’excellent dossier consacré à ce sujet par la revue Guerres & Histoire dans son numéro 7 de juin 2012, sous les plumes de Jean Lopez (véritable homologue français de David M. Glantz, désormais), de Thierry Widemann, de Benoist Bihan, de Laurent Henninger et de Nicolas Aubin, notamment.

Grâce à un travail méticuleux de confrontation des données et des archives, «When Titans Clashed» dégage donc une vision du conflit bien différente de celle jusqu’alors couramment admise en Occident, mettant notamment en exergue de manière massive la qualité extraordinaire du travail des théoriciens soviétiques de l’art opératif entre les deux guerres, la désorganisation totale ayant résulté en 1941 des purges staliniennes, le désarroi brutal de juin 1941, l’étonnante réactivité déployée alors pour organiser le sursaut dans des des conditions désespérées, la capacité – difficile à imaginer, vue d’ailleurs – de mener simultanément une féroce défensive et une expérimentation continue pour préparer des lendemains militaires meilleurs, puis, progressivement, malgré des échecs retentissants jusqu’en 1943 encore, l’invention d’une doctrine appliquée extrêmement performante, tirant très habilement parti aussi bien des aspects stéréotypés de la conception opérationnelle allemande que des qualités propres des soldats et des armements soviétiques.

L’ouvrage n’échappe pas à certaines des lourdeurs quasiment inévitables en histoire militaire (ordres de bataille fastidieux, énumérations d’unités, listes de commandants,…) mais réussit toutefois à gagner une bien agréable lisibilité, même pour le non-spécialiste, en conduisant un véritable effort de conceptualisation et de tentatives de généralisation, autour de données tactiques, opératives et stratégiques, essayant avec acharnement de proposer d’intéressantes pistes, tant étayées et peu à peu indiscutables qu’ouvertement spéculatives, sur un certain nombre de questions ouvertes à propos de ce conflit, de l’armée soviétique, de la conduite de la guerre, et d’échos contemporains potentiels.

Un travail essentiel pour tout amateur de deuxième guerre mondiale ou de stratégie et d’histoire militaire, qui demeure tout à fait intéressant, quoiqu’un peu ardu peut-être dans ce cas, pour le simple curieux de voir évoluer la construction historique d’une série de faits, en action, et de jauger la manière dont l’histoire s’écrit à l’aune de faits nouveaux permettant de déboulonner les lectures antérieures, moins solides, plus parcellaires, ou carrément fallacieuses pour des raisons pas nécessairement innocentes ou d’inadvertance.


 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Posts relacionados:

Deixe um Comentário

 


Compression Plugin made by Web Hosting